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Chronologie Non Officielle de Timely Comics – Version française - Marvel-World.com

Chronologie de Timely Comics

News » Marvel » Historique » CNOTCVF » Antebellum, 1ere partie (5006 lecture(s))


Goodman fut satisfait des résultats de Marvel Comics # 1, en tout cas suffisamment pour commander plus d’histoires à Funnies, Inc. Il était également suffisamment heureux pour décider d’engager du personnel pour sa nouvelle ligne de comics. Il choisit Joe Simon, qui était un scénariste, un dessinateur et un éditeur et sur lequel il pouvait donc compter pour effectuer diverses tâches pour Goodman. Joe Simon avait commencé en 1939 avec Funnies, Incorporated, créant pour le personnage de Fiery Mask, qui allait apparaître plus tard dans Daring Mystery Comics de Timely. Après cela, il imagina le héros Blue Bolt, qui était à l’origine publié, dans un comics éponyme, par Funnies, Inc. elle-même, avant d’être vendu à Novelty Press. Simon s’engagea alors chez Victor Fox, redessinant les planches et supervisant le personnel et les artistes de Fox. Simon finit par devenir indépendant (n’étant pas satisfait de Victor Fox) et fut alors approché puis engagé par Martin Goodman. Celui-ci voulait que Simon commence à concevoir de nouveaux comics ; de nouveau, il y avait de l’argent à faire dans ce domaine et les magazines pulps de Goodman continuaient à ne pas se vendre très bien ; Goodman souhaitait ainsi profiter du succès de Marvel Comics # 1.

Pendant ce temps, Marvel Comics devint Marvel Mystery Comics dès le numéro 2 (les raisons du rajout de l’adjectif « mystérieux » demeure… eh bien, un mystère). Les idées de Goodman sur ce qu’un comics devait inclure semblent, avec le recul, plutôt curieuses. Marvel Mystery Comics # 2 avait à l’affiche non seulement Human Torch et Sub-Mariner mais également Angel (qui, en dépit de dessins agréables de Paul Gustavson, était rarement plus qu’une mauvaise imitation du populaire personnage des pulps, le Saint), the Masked Raider (un succédané sans imagination du Lone Ranger), the American Ace (l’histoire d’un pilote de chasse au-dessus de la moyenne), et Ka-Zar the Great (dont le dessin par Ben Thompson ne rattrapait pas la profonde médiocrité du scénario). La relative bonne qualité de Human Torch et Sub-Mariner nous semble aujourd’hui évidente mais, apparemment, Goodman souhaitait couvrir autant de genres différents que possibles ; la seule chose manquante est un magicien (dont la présence semblait requise dans de si de nombreux comics du Golden Age) et Timely allait bientôt en avoir deux d’entre eux. Marvel Mystery Comics continua à se vendre bien, avec certains des nouveaux personnages de Simon y apparaissant (the Ferret et Electro the Marvel of the Age) et, vers la fin de l’année, Goodman décida de lancer un second comics : Daring Mystery Comics, dont le premier numéro porte la date de janvier 1940 sur la couverture.

Daring Mystery Comics était un magazine bizarre. Presque tous les comics de cette époque disposait d’un ensemble solide de personnages, qui apparaissait dans chaque numéro. Par exemple, Marvel Mystery Comics avait Human Torch, Sub-Mariner, Angel et Ka-Zar dans tous ses numéros et, bien que des personnages comme the American Ace et the Ferret allaient et venaient, les quatre premiers étaient toujours présents. Du côté de DC, le lecteur pouvait avoir la certitude de trouver Batman et Slam Bradley et le Vengeur pourpre dans Detective Comics et Superman, Zatara, Mr América et Congo Bill dans Action Comics. Les apparitions régulières et récurrentes des personnages étaient une base de chaque comics. A l’exception de Daring Mystery Comics, qui avait de nouveaux personnages dans chaque numéro. Le numéro 1, par exemple, mettait en scène Fiery Mask, Moako, John Steele, Doc Doyle, Flash Foster et Bareny Mullen. Le numéro 2 présentait the Phantom Bullet, the Laughing Mask, Mr E, Trojak the Tiger Man, Zephyr Jones et K-4 and his Sky Devils. Le numéro 3 racontait les aventures du Phantom Reporter, Dale du FBI, Breeze Barton, Captain Strong, Marvex le Super-Robot et the Purple Mask. Et ainsi de suite. Certains personnages apparurent dans plus d’un numéro mais la plupart d’entre eux n’eurent qu’une histoire et ne firent plus aucune apparition.

Il est probable que Goodman recherchait un nouveau succès, dans le genre de Human Torch et Sub-Mariner, et fit ainsi créer par Funnies, Inc. autant de héros et d’histoires différents que possible ; Goodman surveillait probablement les ventes et les courriers afin que, si un personnage semblait particulièrement populaire, il put exploiter le-dit personnage. Egalement, de nombreux de ces personnages étaient probablement des créations de Simon – d’autres de ces nouveaux héros que Goodman lui demandait de créer. Cette tactique – offrir autant de nouveaux personnages que possible aux lecteurs en l’espace de peu de temps, voir lesquels étaient bien reçus et ressortir ce personnage – ne fut pas un succès, et Daring Mystery Comics ne se vendit jamais bien (il est difficile de se créer une base de lecteurs solide quand vous mettez rarement plus d’une fois en scène un personnage) et fut arrêté (enfin presque – cf. infra) après le numéro 8. A cette époque, néanmoins, Goodman et Simon ne pouvaient savoir cela. Pas plus que cela ne les aurait découragés dans leur tactique ; une bonne réussite compensant des myriades d’échecs. Ce qui est la raison pour laquelle ils lancèrent un troisième magazine : Mystic Comics.

Mystic souffrait des mêmes défauts que Daring Mystery ; chacun des cinq premiers numéros livra un nouveau groupe de super-héros, dont peu d’entre eux bénéficiaient d’un travail de qualité ou apparurent plus deux fois. Certains des personnages de Mystic, comme the Black Widow et Merzah the Mystic furent cependant exécutés avec un étonnant degré de talent et d’art mais la plupart était comme le globalement médiocre « Hercule ». Les bonnes histoires furent arrêtées en même temps que les mauvaises, d’une telle manière que le Dakor conçu de manière incompétente (le premier magicien de Marvel et une sorte d’évident succédané de Mandrake le Magicien) disparu après le numéro 3, alors que Merzah the Mystic (une série d’une bien meilleure qualité) partit avec une seule apparition. De plus, la rotation des équipes créatives impliquait que même les histoires les mieux réussies ne seraient pas un succès, car les lecteurs ne pouvaient pas compter sur la même équipe pour rester sur le personnage pendant plus d’une histoire. Un personnage comme Black Widow, dont deux des trois apparition dans Mystic sont aussi bonnes que tout ce qui fut fait durant le Golden Age par une personne autre que Eisner, Kirby ou Cole, fut démolie avec Mike Sekowsky (dont le travail était techniquement solide mais dont le style était totalement inadapté pour la Veuve noire). La dernière apparition de Blue Blaze, dans Mystic # 4, fut exécutée avec un style qui allait plus tard rendre célèbre (et populaire) H.G. Peters sur Wonder Woman mais parce que Blue Blaze ne fit plus aucune apparition ultérieure, ce style n’eut pas le temps d’attirer l’attention du lectorat. Ainsi, à la fin du printemps ou au début de l’été 1940, Marvel Mystery Comics était le seul véritable succès de Timely et Goodman décida alors de lancer un nouveau magazine. Ce qui conduisit au tristement célèbre Red Raven Comics # 1, daté sur la couverture d’août 1940 mais produit, très probablement, courant mai ou juin de la même année.

Avec le recul, Red Raven Comics n’est pas aussi mauvais. Il disposait de Joe Simon et Jack Kirby pour le concevoir ; même si leur travail sur « Red Raven », « Comet Pierce » et « Mercury » est loin d’être leur meilleur – c’était le début de leur carrière pour tous les deux et aucun d’entre eux n’avait encore atteint sa maturité – il montre néanmoins une certaine vitalité. Le travail de Louis Cazeneuve et Dick Briefer n’est, également, pas si mauvais que cela. Et les histoires et les personnages – immortalisés plus tard comme Red Raven, Mercury et Comet Pierce et les plus obscurs comme Human Top, Eternal Brain et Magar the Mystic – ne sont pas plus pitoyables que le personnage typique du Golden Age (Kirby allait plus tard recycler l’idée de Mercury pour la série « Hurricane » dans Captain America Comics). Néanmoins, le comics fut arrêté par Goodman presque immédiatement après son premier numéro et il fut considéré comme un échec – et un échec sévère, qui plus est. Les raisons de l’arrêt aussi rapide du comics décidé par Goodman restent peu claires, mais avoir un comics arrêté aussi rapidement après le premier numéro – avant que les résultats des ventes ne soient même connus – semble indiquer que Goodman agissait pour des raisons autres que financières. Peut-être avait-il un sentiment d’une telle force que le comics serait un ratage qu’il décida de réduire ses pertes avant que cela n’empire ?

Timely aurait pu avoir des difficultés à cause de cela, sans une idée qu’eurent Bill Everett et Carl Burgos. Pourquoi ne pas se faire rencontrer leurs deux personnages, Human Torch et Sub-Mariner ? Ils incarnaient l’eau et le feu, deux éléments opposés, alors pourquoi ne pas organiser une rencontre et les amener à se combattre l’un l’autre ?

C’était une première, quelque chose qui n’avait jamais été fait jusque là dans les comics de super-héros. Il y avait un certain nombre de comics de super-héros à cette époque et même dès celle-ci, les compagnies étaient connues pour leurs familles de comics mais l’idée que des personnages différents, dans des séries et revues différentes, habitent le même univers, était une nouvelle idée. Il est difficile pour un lecteur de comics moderne de comprendre à quel point cette idée était différente ; nous avons tous grandi avec l’idée d’univers partagés et cela semble donc un présupposé naturel pour nous. Mais, durant l’été 1940, c’était un concept nouvel et très différent. Everett et Burgos imaginèrent l’histoire puis la donnèrent à deux auteurs, John Compton et Hank Chapman, pour la parachever. Savoir si Burgos et Everett furent les seuls à créer cette histoire demeure, comme bien d’autres questions sur cette époque de l’histoire des comics, une question contestée. Martin Goodman semble avoir eu un rôle dans la conception du premier « crossover » ; il semble avoir influencé le contenu de l’histoire mais ne semble pas avoir été derrière cette idée. Et Joe Simon a peut-être ou peut-être pas eu un mot à dire dans l’idée du combat lui-même. L’équipe créative s’assura avec astuce que chaque personnage serait dessiné correctement, quelle que soit l’histoire, avec Everett dessinant Sub-Mariner dans l’histoire de Torch et Burgos dessinant Torch dans les histoires de Sub-Mariner. Avec toujours les ventes en tête, l’équipe créative réalisa l’histoire sur trois numéros, Marvel Mystery Comics # 8-10, avec les deux premiers numéros s’achevant sur un cliffhanger. Bien sûr, l’histoire s’acheva sur un match nul ; ni Everett, ni Burgos ne voulait vraisemblablement que leur personnage fétiche perde et ils ne voulaient pas non plus décevoir les fans de ces personnages. Ils n’avaient pas besoin de s’inquiéter ; les fans étaient si fascinés par l’idée du crossover et le fait que leurs personnages favoris avaient une bonne vieille bagarre entre eux que les ventes de Marvel Mystery Comics augmentèrent sensiblement.

Cet été 1940 fut un été studieux pour Timely. Joe Simon, à ce moment-là, éditait toutes les revues de Goodman et, avec Goodman, avait développé une équipe talentueuse pour Timely (plutôt qu’à Funnies, Incorporated). Goodman, vers la fin de l’été, décida d’arrêter sa collaboration avec Funnies, Incorporated ; le taux auquel il payait son équipe à Timely était inférieur à ce que facturait Funnies, Inc. (bien que ce que les artistes et scénaristes obtenaient de Goodman était plus élevé que ce qu’ils obtenaient de Funnies, Inc. car celle-ci récupérait un pourcentage sur ce que Goodman versait). Goodman fit renvoyer continuellement par Simon les dessins pour des corrections à Funnies, Inc. et, finalement, Lloyd Jacquet abandonna et vendit les droits des personnages à Goodman.

A l’automne 1940, Goodman était prêt à se développer et lancer plusieurs nouvelles revues. Human Torch Comics fut l’une d’elles ; la popularité de Human Torch fut récompensée par la création de sa propre revue, qui commença avec Human Torch Comics # 2 (il n’y a jamais eu de # 1 ; le comics continua à partir de Red Raven Comics # 1).

Human Torch Comics fut un événement important pour Timely car c’était le premier comics de la société qui recevait son nom d’un personnage identifiable et populaire. Marvel Mystery Comics était porté par Human Torch et Sub-Mariner, qui étaient la principale raison des bonnes ventes du comics, mais aussi bien que Mystic et Daring Mystery était en manque d’un personnage fort récurrent et connaissaient du coup de faibles ventes. Human Torch Comics, au contraire, n’avait pas ce défaut. Les autres personnages du magazine n’étaient pas particulièrement bons ; bien qu’il eut le Sub-Mariner d’Everett, il mettait aussi en scène des héros tels que the Falcon, the Fiery Mask et Mantor the Magician. Mais avec Human Torch de Burgos et Sub-Mariner d’Everett, le comics continuait à se vendre bien, quelle que soit la faible qualité des autres histoires. De plus, le premier numéro de Human Torch Comics introduisit Toro, le coéquipier adolescent de Human Torch. Toro allait se révéler également populaire, apparaissant dans de nombreux comics et finirait à terme par aider à diriger sa propre équipe.

Novembre 1940 vit un événement qui, sans être une innovation, était une première pour Timely et allait finalement se répandre non seulement chez Timely mais dans les comics en général. Dans Marvel Mystery Comics # 15 (daté sur la couverture de janvier 1941), Jack Kirby dessina la Vision en train de franchir les limites de la case. Kirby eut cette idée de Lou Fine mais ce fut l’emploi de Kirby de cette technique artistique qui la rendit populaire, avant de devenir l’une des marques de fabrique de Kirby. En décembre 1940, Timely Publications (ainsi que le groupe de Goodman était désormais connu ; avant cela, il était le « Cercle Rouge » à cause du logo placé par Goodman sur ses magazines pulps) n’était que relativement une réussite. Quality Comics, DC Comics et Fawcett Publishing étaient les trois compagnies qui vendaient le plus ; comparées à elles, les ventes de Timely étaient médiocres. Marvel Mystery Comics était leur seul véritable best-seller. Cependant, Timely vendait suffisamment pour continuer à publier et investir de l’argent dans un nouveau magazine s’ils le souhaitaient. Et c’est ce que fit Goodman. Il voulait plus de héros ; il y avait beaucoup d’argent à gagner dans les comics de super-héros et Goodman voulait accroître sa part de marché. Du coup, Goodman demanda à Joe Simon de créer de nouveaux héros.

Simon travaillait alors avec un partenaire : Jacob Kurtzberg, également connu sous les noms de Jack Curtiss, Curt Davis, Lance Kirby et… Jack Kirby. Ils se rencontrèrent alors qu’ils travaillaient à Fox et Simon remarqua presque immédiatement Kirby, voyant chez lui un talent et une rapidité appréciables et quand Simon quitta Fox pour devenir indépendant, et réaliser Blue Bolt Novelty Press, il demanda à Kirby de venir avec lui. Kirby accepta et les deux étaient encore partenaires quand Goodman demanda à Simon d’inventer de nouveaux héros. Simon et Kirby avaient travaillé pour Goodman et Timely auparavant, réalisant Red Raven # 1, et Goodman avait ainsi des raisons de leur faire confiance à tous les deux (cela rend encore plus étrange la décision de Goodman d’arrêter Red Raven Comics aussi rapidement ; il faisait clairement confiance aux équipés créatives impliquées et cela ne peut donc pas être cette raison. Mais, alors, laquelle ? ). Le personnage que Simon et Kirby allait inventer participa au changement de l’histoire des comics de super-héros.

La guerre était dans l’air vers la fin de 1940 ; il était difficile de l’éviter, que ce soit dans les nouvelles ou dans les conversations de tous les jours. Les nazis avaient submergé l’Europe et étaient en train de bombarder l’Angleterre ; en novembre, Coventry avait presque été rasée par les attaquées aériennes allemandes, une stratégie qui avait choqué le monde (à l’époque, l’idée de prendre pour cibles des civils par les forces aériennes était encore quelque chose de choquant en 1940). L’équipe de Timely, principalement d’origine juive (Goodman, Simon et Kirby parmi eux) était, bien sûr, très consciente de ce que Hitler et les Allemands faisaient, de ce qu’ils comptaient faire et ce qu’ils étaient réellement. L’ambiance de l’époque était extrêmement politisée et orientée par la guerre, d’une manière que les Américains des années 1990 peuvent avoir du mal à imaginer ; les Américains étaient soit interventionnistes (pour les Britanniques) ou isolationnistes mais presque personne restait neutre sur ce débat. Cela se reflétait dans les comics de l’époque. Chez DC, les comics de National étaient, en général, interventionnistes alors que les magazines de All-American étaient plutôt isolationnistes. Timely, de son côté, était clairement anti-Hitler. En fait, dès décembre 1939, Sub-Mariner (dans Marvel Mystery Comics # 4, daté sur la couverture de février 1940) s’était emparé d’un sous-marin nazi. En juin 1940, Simon et Kirby, dans Daring Mystery Comics # 6 (daté sur la couverture de septembre 1940) envoyait leur héros Marvel Boy combattre les nazis (bien que Martin Goodman, redoutant les actions en justice, changea le nom du dictateur de l’histoire en « Hiller », les termes « blitzkrieg », « cinquième colonne » et « Heil Hiller » sont tous utilisés, ne laissant aucun doute au lecteur sur qui est la véritable cible de Marvel Boy et qui est le chef des espions apparaissant dans l’histoire). Et, en janvier 1941, Human Torch et Sub-Mariner s’associent – leur première association amicale – pour combattre les nazis dans Marvel Mystery Comics # 17 (avec une couverture datée de mars 1941).

Ainsi, Simon et Kirby, influencé par les événements en cours, créèrent un nouveau personnage, un héros qui allait incarner le patriotisme que l’équipe de Timely éprouvait. Et ils imaginèrent Captain América (lequel des deux créa le personnage semble contesté ; Joe Simon prétend qu’il eut l’idée d’un héros patriotique et exécuta la première esquisse ; Jack Kirby prétend qu’il a co-créé le personnage, avec Simon). Il convient de préciser que Captain América fut en fait créé l’automne précédent mais Simon et Kirby, examinant des offres faites par les rivaux de Timely, amenèrent Goodman prendre un verre et réussirent à obtenir un accord de sa part.

Simon obtiendrait 15% des profits suites aux ventes de Captain America Comics, et Kirby en aurait 10%. Un tel accord, est-il besoin de le préciser, était totalement inconnu dans l’industrie du comics à l’époque.

Goodman fut séduit par l’idée d’un héros patriotique et fit créer par Simon et Kirby suffisamment d’histoires pour Captain afin qu’il ait son propre magazine – un geste inhabituel étant donné que presque tous les nouveaux personnages débutaient dans des revues anthologiques (comme Daring Mystery Comics ou Mystic) avant d’obtenir leur propre titre. Captain America Comics # 1, avec une couverture datée de mars 1941, fut mis en vente le 20 décembre 1940 et fut immédiatement un best-seller – vendant près d’un million d’exemplaires, à une époque où le magazine Time vendait environ 700 000 exemplaires par semaine.

Captain América n’était pas le premier super-héros patriotique dans le domaine des comics. C’était The Shield d’Irv Novick, qui était apparut dans Pep Comics de MLJ, débutant en novembre ou décembre 1939 (Pep Comics # 1 avait une couverture datée de janvier 1940). The Shield avait été suivi en février 1940 par the Eagle de Louis Cazeneuve, dans Science Comics # 1 de Fox (un magazine qui mettait également en scène un personnage appelé « Dr. Doom »). Au cours du mois qui précéda les débuts de Captain América, Fawcett commença à publier Minute Man de Charlie Sultan dans Master Comics # 11 (couverture datée de février 1941). Et, en décembre 1940, au moment où Captain América faisait sa première apparition, Quality commençait la publication de USA de Maurice Gutwirth, la première super-patriote féminine des comics, dans Feature Comics # 42 (couverture datée de mars 1941). Mais ces autres personnages, et les nombreux imitateurs qui suivirent, ne bénéficiaient pas du travail de Simon et Kirby (bien que The Shield se vendait bien pour MLJ). Le style de Kirby – énergique, exagéré d’une manière séduisante, puissant et faisant preuve de solides talents de narrateurs – explosait de la page, faisant de Captain América une lecture prenante. Et l’ambiance du début de 1941, avec les Américains, horrifiés de ce que les Allemands faisaient en Europe et partagés entre interventionnisme et isolationnisme, aidèrent Captain America Comics d’une manière dont The Shield n’avait jamais bénéficié. Captain América, apparaissant au bon moment, donna aux Américains une chance de s’identifier et s’évader avec un personnage imaginaire qui pouvait chasser les Allemands et d’une manière simple, physiquement gratifiante – quelque chose qui n’était simplement pas possible dans la vie réelle.

Naturellement, MLJ, voyant des similarités entre The Shield et Captain América, furent en colère et menacèrent Timely d’un procès, un point essentiel de leur plainte étant que le bouclier triangulaire de Captain América le faisait ressembler à The Shield, qui avait un bouclier triangulaire sur le devant de son uniforme. Goodman décida de ne pas discuter sur ce point ; il était vraisemblablement au fait du procès de DC de 1939 contre Fox Comics. DC avait poursuivi Fox à cause du personnage Wonderman de Fox, prétendant que Wonderman était directement inspiré de Superman. Tel était le cas et Fox perdit le procès. Ce précédent devait être connu de Goodman qui, après avoir rencontré John Goldwater, l’éditeur des comics de MLJ, accepta de changer le bouclier, une chose dont Kirby, finalement, fut ravi (il préféra toujours le bouclier rond, plus efficace et doté d’un meilleur visuel). A la fin de la rencontre, Goldwater tenta d’engager Simon et Kirby pour les éloigner de Timely – un acte qui, évidemment, ne fut pas bien du tout reçu par Martin Goodman.

Le texte de cette page du web est copyright Jess Nevins 1998. Cette page est libre de reproduction non vénale du moment que cette remarque demeure intacte. Aucune partie de cette publication ne peut être imprimée, en entier ou en partie, pour le profit ou sous une forme reliée, sans une permission écrite expresse de l’éditeur du site (Jess Nevins).

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